
Il y a des filaments PLA que l’on achète parce qu’ils sont faciles à imprimer. D’autres parce qu’ils sont bon marché. D’autres encore parce que la couleur est jolie.
Et puis il y a le PLA 3D850 Ingeo.
Un filament qui appartient certes à la grande famille des PLA, mais qui a derrière lui quelque chose que tous les PLA du marché ne peuvent pas revendiquer : une matière première développée spécifiquement pour l’impression 3D.
Le PLA 3D850 de Sakata3D est en effet fabriqué à partir de la résine Ingeo 3D850 de NatureWorks, l’un des grands spécialistes mondiaux des biopolymères.
Et cela change beaucoup de choses.
On parle souvent du « PLA » comme s’il s’agissait d’un matériau parfaitement standardisé.
C’est un peu comme parler du « vin rouge » pour comparer une bouteille de table et un grand cru : chimiquement, la parenté existe. Pour le reste, quelques nuances méritent d’être apportées.
La formulation d’un PLA influence notamment :
C’est précisément sur ces points que la résine Ingeo 3D850 se distingue.
NatureWorks ne l’a pas conçue comme une résine PLA générique ensuite opportunément transformée en filament. Le grade 3D850 a été développé pour la fabrication de monofilaments destinés à l’impression 3D.
Cela pourrait sembler être un détail de fiche technique.
À l’impression, ça l’est beaucoup moins.
Sakata3D met en avant plusieurs caractéristiques du PLA 850 : une excellente précision, une forte adhérence au plateau, un retrait thermique réduit et une faible tendance au warping.
NatureWorks fait exactement le même constat concernant les monofilaments réalisés en Ingeo 3D850 : bonne adhérence au plateau, grande précision des détails, faible odeur et réduction du phénomène de curling ou de déformation.
En pratique, cela donne un filament particulièrement agréable pour les impressions exigeantes.
Le PLA 3D850 est très intéressant pour :
Sa faible rétraction constitue également un avantage considérable lorsque la pièce prend de l’ampleur.
Car une impression de quinze heures qui décide de relever élégamment ses quatre coins à la quatorzième heure possède certes un certain sens dramatique, mais celui-ci est rarement apprécié par son propriétaire.
Autre avantage du 3D850 : il ne nécessite aucune imprimante exotique.
Sakata3D recommande généralement une température de buse située autour de 200 à 220 °C, tandis que NatureWorks donne pour sa résine une plage de travail plus large pouvant aller approximativement de 190 à 230 °C selon la machine et les conditions d’impression.
Un plateau chauffant n’est même pas impérativement nécessaire.
Lorsque l’imprimante en possède un, une température modérée est suffisante : Sakata3D recommande environ 40 à 60 °C.
Autrement dit, le PLA 3D850 peut être utilisé sur pratiquement toutes les imprimantes 3D FDM modernes sans modification particulière.
Pas de buse spéciale.
Pas d’enceinte chauffée à la température d’un sauna finlandais.
Pas de cérémonie chamanique avant de lancer le G-code.
On charge la bobine, on utilise un bon profil PLA et on imprime.
Un bon matériau d’impression 3D ne se juge pas uniquement à sa solidité.
Il doit également être capable de restituer ce que l’on a modélisé.
Et c’est l’un des domaines dans lesquels le PLA 3D850 excelle.
La matière permet d’obtenir des surfaces très propres et des détails précis, avec une excellente stabilité dimensionnelle.
Sakata3D souligne également l’opacité et la brillance élevées de ses filaments PLA 850.
Pour une pièce décorative, une maquette ou un produit fini, cette qualité visuelle peut faire une différence très nette.
C’est particulièrement vrai lorsque l’on compare le résultat avec certains PLA économiques dont la philosophie industrielle semble avoir été : « Ça sort de la buse, donc techniquement c’est du filament ».
C’est probablement la caractéristique la plus intéressante de ce matériau.
Comme tous les PLA, le 3D850 possède naturellement une température de transition vitreuse relativement basse. NatureWorks indique environ 55 à 60 °C.
Cela explique pourquoi on évite généralement d’utiliser une pièce en PLA classique dans une voiture fermée en plein été ou à proximité d’une source de chaleur.
Mais le PLA Ingeo 3D850 possède une capacité de cristallisation particulièrement intéressante.
Et il est possible de l’exploiter par recuisson, également appelée annealing.
Le principe consiste à chauffer après impression la pièce à une température contrôlée afin de favoriser sa cristallisation.
NatureWorks indique une plage de recuisson de l’ordre de 80 à 130 °C.
Dans ses essais réalisés sur des pièces imprimées à 100 % de remplissage puis recuites à 110 °C pendant 15 minutes, le fabricant obtient une température de déformation sous charge de l’ordre de 80 à 90 °C.
Ce chiffre doit évidemment être interprété dans les conditions précises de l’essai et ne signifie pas que n’importe quelle pièce imprimée résistera miraculeusement à 90 °C.
Mais il montre le potentiel extrêmement intéressant de la matière.
Un PLA classique est essentiellement choisi pour sa facilité d’impression.
Le 3D850 peut également devenir un véritable matériau technique après traitement thermique.
La documentation NatureWorks donne également une bonne idée du positionnement du matériau.
Sur ses éprouvettes imprimées et cristallisées, le fabricant communique notamment une résistance en traction d’environ 50 MPa et un module de traction d’environ 2,3 GPa.
Il s’agit donc d’un matériau rigide, parfaitement adapté à de nombreuses pièces fonctionnelles.
Naturellement, le résultat réel dépendra énormément de la géométrie de la pièce, de son orientation, du nombre de périmètres, du remplissage, des températures et de la qualité de l’impression.
Le 3D850 ne transforme pas une mauvaise conception mécanique en chef-d’œuvre d’ingénierie.
Il reste du filament, pas un cabinet d’études.
Mais utilisé correctement, il offre une base particulièrement sérieuse.
Pour un petit objet décoratif imprimé occasionnellement, pratiquement n’importe quel PLA correctement fabriqué peut convenir.
Mais lorsque l’on recherche :
une excellente qualité d’impression,
une bonne stabilité dimensionnelle,
une matière issue d’une résine spécialement conçue pour l’impression 3D,
une excellente restitution des détails,
un faible retrait,
une très bonne adhérence,
et surtout la possibilité d’améliorer les propriétés thermiques par recuisson,
le 3D850 joue clairement dans une autre catégorie.
Il constitue notamment un excellent compromis entre la facilité extraordinaire du PLA et les contraintes d’impression de matériaux techniques plus exigeants.
Et c’est ici que la situation devient assez inhabituelle.
Le PLA 3D850 Sakata3D est actuellement en promotion chez Filament-ABS, avec de nombreuses références proposées à seulement 15,20 € la bobine au moment où nous écrivons ces lignes.
On trouve notamment dans la gamme des teintes classiques, mais aussi des couleurs et aspects nettement plus originaux : Terre Cuite, Granit, Surf Green, Fuchsia, Militaire, Texture Bois, versions pailletées ou encore différentes variantes Magic.
Autrement dit, on peut actuellement acheter un filament élaboré à partir d’une résine NatureWorks spécifiquement conçue pour l’impression 3D à un tarif que l’on associerait plus volontiers à un PLA d’entrée de gamme.
C’est une situation qui ne devrait raisonnablement pas durer éternellement.
À peu près à tous ceux qui utilisent régulièrement du PLA.
Mais plus particulièrement :
Parce qu’il reste très simple à imprimer et tolérant.
Parce que ses caractéristiques permettent d’aller beaucoup plus loin qu’un simple PLA destiné aux figurines et aux bibelots.
Pour réaliser prototypes, gabarits, boîtiers, montages et pièces fonctionnelles avec un matériau régulier et prévisible.
Parce qu’entre une impression réussie et une impression vraiment propre, il existe tout un monde.
Et parce qu’un perfectionniste considère généralement qu’une cote de 20,08 mm lorsqu’il avait demandé 20 mm constitue une attaque personnelle.
Non.
Enfin… pas si vous appréciez les filaments médiocres.
Pour les autres, absolument.
L’Ingeo 3D850 reste une matière remarquablement moderne : facile à imprimer, précise, stable, capable de produire de très belles surfaces et surtout dotée de propriétés de cristallisation qui lui permettent d’aller bien au-delà du PLA ordinaire.
Il n’est pas nécessaire de croire aveuglément les arguments commerciaux pour s’en convaincre : NatureWorks publie depuis longtemps les caractéristiques techniques de la résine.
Le PLA 3D850 n’est donc pas un filament devenu intéressant parce qu’il est actuellement en promotion.
C’est un excellent filament qui, circonstance beaucoup plus rare, est actuellement vendu en promotion.
La nuance est importante.
Et à 15,20 € pour de nombreuses couleurs, elle mérite peut-être même qu’on fasse un peu de place sur l’étagère à bobines.
Après tout, personne n’a jamais véritablement eu « trop de filament ».
Seulement des étagères insuffisamment ambitieuses.