Filament-ABS : L'impression 3D professionnelle

Impression 3D haute vitesse : comment choisir le bon filament ?

Filament PLA HIGH SPEED

Une imprimante annoncée à 500 mm/s ne suffit pas

Les imprimantes 3D récentes promettent des vitesses qui, il y a encore quelques années, auraient semblé relever davantage de l’aéronautique que du dépôt de plastique fondu. Les fiches techniques annoncent désormais 300, 500, voire 600 mm/s. De quoi regarder son ancienne imprimante accomplir consciencieusement ses 50 mm/s avec la tendresse vaguement embarrassée que l’on réserve à un modem 56K.

Mais posséder une imprimante rapide ne garantit pas d’imprimer rapidement. La machine peut accélérer, sa tête peut traverser le plateau avec l’enthousiasme d’un lévrier, mais encore faut-il que le filament soit capable de suivre.

Car à haute vitesse, le filament n’est plus un simple consommable. Il devient l’un des principaux facteurs limitants de l’impression.

Un filament ordinaire peut-il imprimer à haute vitesse ?

En théorie, presque tous les filaments peuvent être entraînés rapidement par une imprimante. En pratique, déplacer rapidement la tête d’impression ne suffit pas : la matière doit fondre, traverser la buse, se déposer régulièrement et adhérer à la couche précédente dans un temps extrêmement court.

À vitesse modérée, le filament séjourne suffisamment longtemps dans la zone de chauffe pour fondre correctement. Lorsque la vitesse augmente, ce temps diminue fortement. Si le matériau ne se fluidifie pas assez rapidement, la buse ne parvient plus à fournir la quantité demandée.

Les premiers symptômes apparaissent alors :

  • sous-extrusion ;
  • parois irrégulières ;
  • petits espaces entre les lignes ;
  • couches insuffisamment soudées ;
  • perte de résistance mécanique ;
  • surface moins homogène ;
  • claquements de l’extrudeur.

L’imprimante peut continuer à afficher fièrement 450 mm/s à l’écran. La pièce, elle, sait que la négociation a échoué.

Un filament spécifiquement formulé pour la haute vitesse doit donc fondre plus rapidement et s’écouler plus facilement, tout en conservant une extrusion suffisamment stable pour ne pas dégrader la précision de la pièce.

La vitesse en mm/s ne raconte qu’une partie de l’histoire

La vitesse d’impression est généralement exprimée en millimètres par seconde. Cette valeur indique la distance parcourue par la tête, mais elle ne renseigne pas directement sur la quantité de matière que la buse doit faire fondre.

Or une impression réalisée à 300 mm/s avec une couche de 0,12 mm ne demande pas le même effort qu’une impression à la même vitesse avec une couche de 0,28 mm et une ligne d’extrusion plus large.

La valeur véritablement déterminante est le débit volumique, exprimé en millimètres cubes par seconde. Il représente la quantité de plastique que l’ensemble extrudeur, corps de chauffe, buse et filament est capable de fournir.

On peut l’estimer ainsi :

Débit volumique = largeur de ligne × hauteur de couche × vitesse

Prenons une ligne de 0,45 mm, une couche de 0,20 mm et une vitesse de 300 mm/s :

0,45 × 0,20 × 300 = 27 mm³/s

À 450 mm/s, la même configuration demande déjà :

0,45 × 0,20 × 450 = 40,5 mm³/s

Ce n’est donc pas parce qu’une imprimante peut mécaniquement se déplacer à 450 mm/s qu’elle peut extruder n’importe quel filament à cette vitesse dans toutes les conditions. Les chiffres spectaculaires des constructeurs ne sont pas nécessairement faux ; ils sont simplement entourés d’un élégant silence diplomatique.

Quels critères faut-il examiner ?

Une fusion suffisamment rapide

C’est le premier critère. À haute vitesse, le filament doit absorber rapidement la chaleur et atteindre la fluidité nécessaire avant de sortir de la buse.

Un PLA classique peut parfaitement donner d’excellents résultats à vitesse modérée, mais atteindre sa limite lorsque le débit demandé augmente. Il faut alors ralentir l’impression ou élever la température de la buse. Cette seconde solution possède toutefois des limites : une température excessive peut provoquer du stringing, des bavures, une perte de précision ou une dégradation du matériau.

Un véritable PLA High Speed est formulé pour offrir un écoulement plus rapide sans exiger une température déraisonnable.

Une extrusion régulière

À 50 mm/s, une petite irrégularité de débit peut rester discrète. À 300 ou 400 mm/s, elle se répète sur une distance beaucoup plus importante et devient immédiatement visible.

La constance du diamètre, l’homogénéité de la matière et la régularité de la bobine prennent donc une importance particulière. Un filament économique mais irrégulier peut faire perdre en impressions ratées bien davantage que l’économie réalisée à l’achat. C’est une forme de comptabilité créative dont la poubelle reste généralement l’unique bénéficiaire.

Une bonne liaison entre les couches

Une pièce rapide à fabriquer mais trop fragile pour être utilisée ne constitue pas exactement un gain de productivité.

À haute vitesse, chaque ligne dispose de moins de temps pour se souder à la précédente. Si le filament ne fond pas suffisamment ou refroidit dans de mauvaises conditions, l’aspect extérieur peut sembler correct tandis que la cohésion entre les couches diminue.

Le bon filament haute vitesse doit donc conserver une bonne adhésion intercouche malgré l’accélération du processus. C’est particulièrement important pour les prototypes fonctionnels, les pièces techniques et les petites séries.

Une solidification maîtrisée

La matière doit fondre rapidement dans la buse, mais elle doit également se stabiliser après son dépôt. Toute la subtilité tient dans cette succession : devenir fluide assez tôt, puis cesser de l’être au bon moment.

Si elle reste trop molle, les angles perdent en netteté, les surplombs se déforment et les petites géométries deviennent imprécises. Le refroidissement doit donc être adapté à la vitesse, à la forme de la pièce et à la température d’extrusion.

Une bonne adhérence au plateau

La vitesse ne concerne pas uniquement les couches supérieures. Une première couche mal déposée condamne l’ensemble de l’impression, quelle que soit la noblesse des accélérations prévues ensuite.

Le plateau doit être propre, correctement réglé et porté à la température adaptée. La première couche est généralement imprimée beaucoup plus lentement que les suivantes. Ce n’est pas une faiblesse : même les sprinteurs prennent le temps de nouer leurs chaussures.

Le PLA High Speed Sakata3D : conçu pour suivre les imprimantes rapides

Le PLA High Speed Sakata3D a été spécialement développé pour l’impression FDM à grande vitesse. Il peut être imprimé jusqu’à 450 mm/s, sous réserve, naturellement, que l’imprimante, la tête d’extrusion et les paramètres utilisés soient capables de soutenir le débit nécessaire.

Sa formulation facilite la fusion et l’écoulement du matériau dans la buse. Elle permet ainsi d’augmenter fortement la vitesse tout en conservant une extrusion régulière et une bonne qualité de surface.

Ce filament est particulièrement intéressant pour :

  • les imprimantes rapides de nouvelle génération ;
  • la réalisation de prototypes dans des délais courts ;
  • les grandes pièces dont l’impression durerait autrement de nombreuses heures ;
  • les petites séries ;
  • les ateliers souhaitant augmenter leur capacité de production ;
  • les utilisateurs qui préfèrent voir leur pièce terminée avant d’avoir oublié pourquoi ils l’avaient dessinée.

Comme les autres PLA, il demeure simple à utiliser et ne nécessite généralement pas d’enceinte fermée. Il représente donc une manière accessible de profiter des capacités d’une machine rapide sans passer immédiatement à des matériaux techniques plus contraignants.

Peut-on utiliser ce filament sur une imprimante classique ?

Oui. Un filament High Speed n’est pas exclusivement réservé aux imprimantes ultrarapides.

Le PLA High Speed Sakata3D peut également être utilisé à des vitesses conventionnelles. Sa bonne fluidité et sa régularité restent alors utiles, notamment pour obtenir une extrusion homogène et réduire les difficultés lorsque la pièce comporte de nombreux changements de rythme.

Il ne faut donc pas posséder la dernière imprimante CoreXY pour l’utiliser. En revanche, si votre machine ne dépasse pas 60 mm/s, l’achat d’un filament haute vitesse ne provoquera pas, à lui seul, une métamorphose mécanique. Le filament accompagne les capacités de l’imprimante ; il ne lui ajoute ni moteurs plus puissants, ni accélérations supérieures, ni jeunesse éternelle.

Comment régler son imprimante ?

Il n’existe pas un profil universel applicable à toutes les machines. La température nécessaire dépend notamment de la buse, du corps de chauffe, de la hauteur de couche et du débit demandé.

Quelques principes permettent néanmoins de trouver rapidement les bons réglages.

Commencer par un profil PLA fiable

Il est préférable de partir d’un profil PLA qui fonctionne déjà correctement sur l’imprimante, puis d’augmenter progressivement la vitesse ou le débit volumique.

Changer simultanément la température, la vitesse, la rétraction, les accélérations et le refroidissement rend le diagnostic beaucoup plus difficile. Lorsqu’on modifie six paramètres à la fois et que l’impression s’améliore, on a fait une découverte. On ignore simplement laquelle.

Augmenter la température avec le débit

Plus le débit demandé est élevé, moins le filament reste longtemps dans la zone de chauffe. Une hausse de la température de la buse peut donc devenir nécessaire.

Cette augmentation doit rester progressive. Il faut surveiller :

  • la régularité des parois ;
  • l’apparition éventuelle de fils ;
  • la netteté des angles ;
  • la qualité des surplombs ;
  • la résistance entre les couches.

Déterminer le débit volumique maximal

Le meilleur moyen d’évaluer les capacités réelles de l’ensemble imprimante-filament consiste à effectuer un test de débit volumique maximal.

Le débit est augmenté graduellement jusqu’à l’apparition d’une sous-extrusion ou d’une dégradation visible. Il suffit ensuite de conserver une marge de sécurité sous cette limite pour créer un profil rapide mais fiable.

Cette méthode est beaucoup plus pertinente que de choisir arbitrairement une vitesse élevée. Elle tient compte de toute la chaîne d’extrusion, du filament jusqu’à la buse.

Ne pas imprimer toutes les zones à la même vitesse

Les longues lignes droites peuvent être imprimées beaucoup plus rapidement que les petites parois, les détails fins, les ponts ou les surfaces supérieures.

Un profil bien conçu adapte donc la vitesse à chaque partie de la pièce. L’objectif n’est pas que la tête atteigne constamment sa vitesse maximale, mais qu’elle l’utilise aux endroits où cela permet réellement de gagner du temps sans détériorer le résultat.

La vitesse maximale n’est pas toujours la meilleure vitesse

Imprimer à haute vitesse ne consiste pas à pousser chaque curseur jusqu’à sa valeur maximale. Le meilleur réglage est celui qui réduit sensiblement la durée tout en conservant la qualité et la résistance nécessaires.

Sur une petite pièce comportant de nombreux changements de direction, l’imprimante n’aura parfois jamais la distance suffisante pour atteindre 450 mm/s. Les accélérations, la géométrie et le débit volumique limiteront naturellement la vitesse réelle.

À l’inverse, une grande pièce composée de longues trajectoires pourra tirer pleinement parti d’un filament High Speed. C’est sur ce type d’objet que le gain de temps devient le plus spectaculaire.

Il faut également considérer l’usage final. Un prototype visuel peut privilégier la rapidité. Une pièce mécanique fortement sollicitée mérite parfois une vitesse plus prudente afin de maximiser la liaison entre les couches.

La haute vitesse est un outil, pas une religion. Aucun comité ne viendra retirer votre certification d’imprimeur 3D parce que vous avez volontairement ralenti une paroi extérieure.

Un gain de temps qui dépasse le simple confort

Réduire la durée d’une impression présente plusieurs intérêts :

  • obtenir plus rapidement un prototype et corriger sa conception ;
  • produire davantage de pièces avec une seule machine ;
  • diminuer les délais d’une petite série ;
  • libérer l’imprimante pour le travail suivant ;
  • limiter les conséquences d’une immobilisation de plusieurs jours sur une grande pièce.

Pour un professionnel, le temps d’occupation de la machine participe directement au coût de fabrication. Pour un particulier, il détermine souvent si un projet sera terminé dans la journée ou s’il continuera à produire son discret vacarme nocturne avec la sérénité d’un appareil qui, lui, n’a pas besoin de dormir.

Bien choisir, plutôt que simplement aller vite

Une imprimante rapide a besoin d’un filament capable de fondre et de s’écouler au rythme qu’elle impose. À défaut, les vitesses annoncées restent accessibles sur le papier, mais beaucoup moins dans la matière.

Pour choisir un filament destiné à l’impression 3D haute vitesse, il faut donc regarder au-delà de la seule mention « High Speed ». Sa fluidité, sa régularité, sa liaison intercouche et le débit volumique qu’il permet d’atteindre sont essentiels.

Avec une vitesse pouvant atteindre 450 mm/s, le PLA High Speed Sakata3D permet d’exploiter réellement les imprimantes rapides tout en conservant la simplicité d’utilisation du PLA. Il convient aussi bien au prototypage qu’aux grandes pièces et aux petites productions pour lesquelles chaque heure gagnée compte.

La vitesse absolue restera toujours un beau chiffre sur une fiche technique. La véritable performance consiste à terminer plus tôt avec une pièce réussie. Tout le reste n’est qu’une façon particulièrement énergique de remplir la corbeille.

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